Vous n’êtes pas sans savoir que le bois se déforme. Hygroscopique, il absorbe et rejette l’humidité contenue dans l’air environnant. Son taux d’humidité varie alors, causant des déformations. Qu’il se rétracte ou qu’il se gonfle, il change de taille et d’aspect. Quand on le travaille, comme pour un menuisier ou un ébéniste, ce mécanisme des forces doit se maîtriser sous peine de se retrouver avec du jeu entre les pièces d’un meuble, entre autres.

Le travail du bois est le plus important lors du séchage et du stockage du bois, avant qu’on ne le travaille. Des variations brutales d’humidité dans l’air et de température sont fatales pour les fibres contenues dans le bois. Si l’on veut des planches non fissurées ni déformées, il est alors primordial d’apporter une attention toute particulière au séchage du bois et à son stockage.

Les différentes techniques de séchage du bois de menuiserie

Le séchage du bois est soit naturel, soit accéléré. Le séchage naturel du bois est une méthode ancestrale, qui a l’avantage d’être accessible aux artisans, quoique difficilement maîtrisable et plutôt long. Aussi, le taux final d’humidité présent dans le bois sera toujours plus élevé qu’avec le séchage accéléré.

Séchage du bois naturel :

La qualité et le temps de séchage à l’air libre dépendent de la température, de l’état d’hygrométrie et de la circulation de l’air ; mais aussi, de la structure du bois. Notamment, les bois durs sèchent lentement par rapport aux bois tendres et aux bois résineux.

Si on ne peut pas maîtriser la température et taux d’humidité de l’air au fil des saisons, on peut agir sur la circulation de l’air. C’est en empilant le bois de certaines façons et en utilisant la direction des vents habituels de la région que l’on pourra assurer une bonne circulation de l’air dans la pile de bois. Les méthodes d’empilements varient en fonction de l’essence de bois et de sa finalité. Par exemple, l’empilement sur lattes ou bois sur bois convient aux bois de menuiserie, tandis que l’empilage en plots correspondra mieux aux bois apparents.

Séchage du bois
©Sarah Worth

En un an, le séchage à l’air libre permet d’obtenir un bois dur séché à 15/20% de taux d’humidité.

Quand les bois sont à peu près secs, ils rejoignent enfin les ateliers. Là, on les stocke verticalement, dans le sens des fibres comme il était avant que le bois ne soit coupé. Les sciages épais nécessiteront alors un air complètement sec, alors qu’on stockera les placages dans un lieu plutôt humide.

Séchage du bois accéléré :

Nous préférons le terme de séchage accéléré au terme de séchage artificiel, car la méthode consiste à reproduire le séchage naturel tout en maîtrisant ses aléas.

Le séchage accéléré se compose de trois étapes :

  • la période préparatoire, où on apporte de la chaleur humide au bois
  • le séchage proprement dit, calculé en fonction du degré d’humidité du bois et de la qualité de l’air
  • la période d’équilibrage, où l’humidité contenue dans le bois se répartit de façon uniforme.

On peut alors obtenir des bois durs secs à 8/10%.

©Sarah Worth

Les astuces pour contrer les déformations du bois

Les artisans ont recours à diverses méthodes pour contrer les déformations du bois. Outre les bonnes pratiques comme :

  • bien sécher le bois avant de le couper en planches
  • couper des planches sur des quartiers
  • éviter les noeuds
  • éviter de regrouper deux types de bois

Les artisans peuvent confectionner des portes à panneaux, où les panneaux laissent du vide entre eux pour laisser le bois s’exprimer sans déformer le tout.

Ou encore, une bonne méthode pour déjouer les contrepoussées est d’abouter le bois. Cette technique permet de renforcer la solidité d’une planche et de la maintenir dans le temps.

C’est ainsi que s’achève cet article, le séchage du bois n’a désormais plus de secret pour vous !