Vous aimez travailler le bois, l’acier ou l’aluminium pour créer des éléments utiles dans les domaines de la construction et de la décoration d’intérieur. Le métier de menuisier est donc fait pour vous ! Cependant, si vous n’aimez pas travailler pour le compte de quelqu’un d’autre, il est possible de créer son propre statut menuisier. Auto entrepreneur, SARL, EURL, SAS… Le nombre de statuts peut rapidement faire tourner la tête. Alors, comment lancer son activité et vivre de sa passion en toute légalité ? LILM vous donne les clés pour choisir la forme juridique qui vous convient !

Menuisier : quelles qualités et compétences ?

Dans le domaine de la construction et en particulier du second œuvre, le menuisier reste un professionnel très apprécié. Il doit savoir combiner plusieurs compétences et savoir-faire :

  • La prise de mesures ;
  • Le choix des matériaux adaptés (bois, PVC, aluminium…) ;
  • Une appétence pour le dessin de plans ;
  • L’utilisation d’outils pour la découpe, l’assemblage et la pose d’éléments de menuiserie ;
  • L’ajustement et l’installation de charnières ;
  • La réalisation de finitions (teinte, vernissage, ponçage…).

Le menuisier est régulièrement amené à se déplacer sur les chantiers pour mettre en place les différents équipements. Pour réaliser l’ensemble de ces missions, il est indispensable de posséder les qualités suivantes :

  • Une grande habileté ;
  • Le souci du détail ;
  • De la rigueur et de la précision ;
  • Une connaissance accrue des normes en vigueur en matière de sécurité ;
  • Bien savoir calculer ;
  • Une certaine force physique ;
  • Une bonne résistance au stress ;
  • Un sens inné de l’esthétique ;
  • Une facilité à travailler en équipe ;
  • Le sens du contact ;
  • Une flexibilité en fonction des demandes des clients.

Ces compétences et savoir-être permettent au menuisier entrepreneur de proposer ses créations à des clients. Ces derniers sont en attente d’équipements de grande qualité pour leur logement, leur bureau ou leur espace extérieur. En outre, le menuisier peut se spécialiser dans l’agencement de pièces comme la cuisine et la salle de bains, dans la pose de parquets, la conception et le montage d’équipements de travail… Une démarche idéale pour se différencier des autres professionnels de ce domaine.

auto entrepreneur menuisier qui travail le bois
Source : Pixabay

Les étapes préalables à la création du statut menuisier

Vous souhaitez devenir un menuisier auto entrepreneur pour profiter d’une grande liberté dans l’exercice de votre activité ? Avant de travailler pour des clients, il est indispensable de suivre certaines étapes essentielles à la création d’une entreprise.

Bien définir son concept

Pour se lancer en tant qu’auto entrepreneur menuisier, il est intéressant de se poser les bonnes questions. L’intérêt : cibler précisément ses besoins et ses clients. Dans ce cadre, voici quelques réponses à donner aux interrogations suivantes :

  • Choisir une spécialité ou rester davantage généraliste pour diversifier les activités ?
  • Travailler avec des entreprises privées, des particuliers ou le secteur public ?
  • Réaliser des missions en direct pour les clients ou passer par des sociétés de sous-traitance ?
  • Se positionner sur une ville, un département ou toute une région (ce qui implique des frais de transport) ?

Ces premiers éléments permettent d’affiner vos choix avant de passer à la phase suivante.

Prévoir un business plan

Tout d’abord, l’essentiel est de réaliser une étude de marché. Cette étape sert à :

  • Vérifier l’existence d’une clientèle ;
  • Connaître les caractéristiques et les besoins de la cible (âge, revenus, zone géographique…) ;
  • Comprendre les préférences des futurs clients et ce qui leur manque chez la concurrence ;
  • Mieux connaître les concurrents (les entreprises et leur chiffre d’affaires, leur secteur d’implantation…) ;
  • Découvrir les dernières innovations dans le secteur ;
  • Affiner votre offre de services ;
  • Fixer vos prix (selon les possibilités des clients, la concurrence et vos objectifs) ;
  • Choisir le bon mode de communication (publicité, réseaux sociaux…) ;
  • Estimer votre chiffre d’affaires.

Tous ces éléments donnent des précisions sur les services que vous pouvez proposer. Par conséquent, une fois ces informations devant vous, il est possible de débuter la création de son entreprise.

Choisir son lieu de travail

L’emplacement de votre atelier dépend de vos besoins et de vos choix en matière de travail. Vous pouvez opter pour un atelier dans le centre d’une commune pour plus de proximité avec les clients. Cependant, un local en périphérie coûte généralement moins cher et offre davantage d’espace pour conserver son matériel.

Prendre en compte les premières dépenses

Devenir menuiser auto entrepreneur, c’est aussi investir dans certains équipements. Local, véhicule, matières premières, stratégie de communication, achat ou location d’outils pour réaliser les travaux de menuiserie… Ces dépenses nécessitent une certaine trésorerie pour commencer à pratiquer son métier.

Statut menuisier : pourquoi choisir l’EURL ?

Vous avez toutes les cartes en main pour créer votre entreprise. Bravo ! Désormais, il est temps de passer à la création du statut menuisier. Cette étape requiert toutefois certains obstacles, notamment le choix du statut. Pourtant, il est primordial de déterminer le bon statut. Un menuisier peut choisir le statut EURL, Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée. La forme juridique de société est plutôt particulière puisqu’elle se compose d’un seul et unique associé. Ainsi, on choisit ce statut pour ses caractéristiques intéressantes :

  • La protection du patrimoine personnel : En effet, la responsabilité de l’associé unique se limite seulement au montant du capital social que ce dernier a apporté au moment de la création de l’EURL.
  • Une fiscalité plus avantageuse : C’est uniquement le bénéfice réel après déduction des charges (fournitures, électricité pour l’exercice de l’activité…) qui est imposé. Concernant l’imposition sur les bénéfices, vous pouvez choisir entre l’impôt sur les sociétés ou l’impôt sur le revenu.
  • L’exercice d’un grand nombre d’activités : Si l’EURL permet de travailler sous le statut de menuisier, cette forme juridique offre la possibilité d’exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale.
  • Des apports différents : En numéraire (somme à mettre sur le compte de l’entreprise), en nature (contribution autre qu’en espèce comme un brevet ou un fond de commerce) ou en industrie (mise à disposition par un associé de son travail, ses connaissances techniques/personnelles ou ses services).
  • Une gestion simplifiée : Il n’est pas nécessaire d’établir un rapport de gestion ni de procès-verbal d’assemblée générale. Les décisions sont juste à consigner dans un registre.

Dès lors, l’EURL présente de nombreux atouts, au milieu des autres statuts d’entreprises individuelles.

menuisier auto entrepreneur et et sa collection d'ancien outil de menuisiers
Source : Pixabay

Les inconvénients de l’EURL

Choisir l’EURL pour le statut de menuisier peut donc être avantageux pour exercer votre activité en toute légalité. Néanmoins, il existe quelques inconvénients à connaître avant d’opter pour cette forme juridique. Par exemple, on peut évoquer :

  • Le cadre juridique strict avec un fonctionnement plus complexe que l’entreprise individuelle ;
  • Un coût de création élevé (rédaction des statuts, frais de greffe pour l’immatriculation…) ;
  • La difficulté de passer à la SARL ;
  • Un régime social contraignant (absence de régime micro-social pour le gérant, obligation d’affiliation à la Sécurité Sociale des Indépendants…).

Ces éléments sont donc à prendre en compte pour la création de son entreprise.

La création d’une société en SARL

Un autre statut pour le menuisier existe : la SARL. Cette société à responsabilité limitée se rapproche de l’EURL, qui se présente comme une SARL unipersonnelle. Et, comme l’EURL, elle donne l’opportunité de voir les pertes éventuelles limitées aux montants respectifs des apports des associés. Ce type de société prédomine aujourd’hui en France.

Si la SARL reste une forme juridique simple, elle requiert toutefois la présence d’au moins deux associés (jusqu’à 100). Mais ce n’est pas la seule différence par apport à l’EURL : d’autres éléments rentrent en compte. Ainsi, malgré les ressemblances avec l’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée, voici ce que propose la SARL :

  • Un régime fiscal identique à celui des salariés pour les gérants ;
  • La possibilité d’avoir plusieurs gérants ;
  • Une soumission à l’Impôt sur les Sociétés (IS) avec option pour l’impôt sur le revenu si moins de 5 ans d’existence ou s’il s’agit d’une SARL de famille ;
  • Une procédure d’agrément obligatoire en SARL, dans le cadre d’une cession de parts sociales ;
  • La nécessité de plusieurs actions quand une décision concerne l’assemblée des associés en SARL (convocation et réunion des associés, vote des décisions à l’ordre du jour, retranscription sur le procès-verbal d’assemblée).

C’est pourquoi, en tant qu’auto entrepreneur menuisier, il est important de bien peser le pour et le contre avant la création de la société. L’objectif : choisir le bon statut pour démarrer (et continuer !) son activité. Pour résumer, les avantages et les inconvénients de l’EURL et de la SARL se ressemblent fortement, hormis les points évoqués ci-dessus.

auto entrepreneur : un statut pour réaliser ses Devis de menuiserie
Source : Pixabay

Quel autre choix pour le statut de menuisier ?

La SARL et l’EURL ne sont pas les seules formes juridiques utiles pour travailler en tant que menuisier auto entrepreneur. Il existe d’autres statuts à prendre en compte.

La SA (Société Anonyme)

Créer une SA bâtiment reste idéale pour créer une équipe de professionnels du bâtiment. Cette forme juridique, dans le domaine de l’artisanat, requiert au moins 7 associés. Également, il s’agit d’apporter un capital d’au moins 37 000€, divisé en actions. La SA est davantage réservée aux entreprises de grande taille – et non aux entrepreneurs.

L’EI (Entreprise Individuelle)

On choisit volontiers cette forme juridique pour sa simplicité de création et son fonctionnement aisé. Cependant, vous restez le seul responsable de vos dettes avec le risque, en cas de litige avec un client/fournisseur, de s’emparer de vos biens personnels. Dans ce cas, mieux vaut s’intéresser au statut juridique de l’EIRL (Entrepreneur Individuel à Responsabilité Limitée).

La SAS (Société par Actions Simplifiée)

On privilégie cette forme juridique pour son fonctionnement souple, son régime social protecteur (affiliation directe au régime général de la Sécurité sociale) et la facilité des futurs investisseurs à devenir associés de la SAS. A savoir : cette forme juridique occasionne pourtant une rédaction complexe des statuts (temps de mise en place très long de la société) et des charges sociales élevées.
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle), quant à elle, fonctionne comme la SAS ; toutefois, elle est gérée par un seul associé.

Pour finir, il existe aussi le statut d’artiste. Seulement il ne convient pas au métier de menuisier : en réalité, les travaux de ce professionnel relèvent de l’artisanat. Les artisans doivent donc s’inscrire à la Chambre des Métiers pour exercer leur activité.

En conclusion, le statut pour un menuisier dépend de vos souhaits concernant la taille de l’entreprise, vos besoins, votre situation financière… Les formes juridiques diffèrent selon les objectifs. Alors, n’hésitez pas à bien vous renseigner afin de développer votre activité en tant que menuisier auto entrepreneur !